L’approche par compétences : une recette miracle ?

« L’évaluation à l’épreuve de la refondation de l’école »
mardi 6 juin 2017
par  FSU 67
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Emmanuel ROEHRIG du SNEP-FSU Alsace revient sur la formation FSU qui s’est déroulée le mardi 9 mai à l’ESPE de Sélestat.

Formation syndicale de la FSU du 9 mai 2017
« L’évaluation à l’épreuve de la refondation de l’école »

La question de l’évaluation est au cœur des pratiques enseignantes, et à en juger par le nombre de personnes qui ont rempli l’amphithéâtre de l’ESPE à l’occasion du stage organisé par la FSU Alsace, elle reste un thème mobilisateur à tous les niveaux de l’éducation.

L’intérêt porté n’est pourtant pas dénué de controverse, puisque la conception de l’évaluation telle qu’elle est préconisée dans le cadre de la réforme de l’école, promeut l’évaluation par compétences et tend à l’imposer jusque dans les pratiques pédagogiques. Cette conception accompagne une idéologie institutionnelle qui transforme insidieusement le rôle de l’école et feint d’apporter une réponse aux difficultés que certains élèves rencontrent.
José TOVAR du Groupe de Recherche sur la Démocratisation Scolaire a abordé l’évolution de la conception de l’évaluation, conjointement à celle de la pédagogie par compétences. Celle-ci prétend apporter un bagage minimum à une population scolaire préparée avant tout à répondre à l’exigence d’employabilité.
La démarche en se parant d’intentions charitables, renonce aux valeurs auxquelles la FSU est attachée en considérant que tous les élèves sont capables d’accéder aux connaissances. Envisager que pour une catégorie d’élèves, il convient davantage de proposer l’intégration d’une batterie de compétences, plutôt que de contribuer à la formation d’un esprit critique et favoriser l’émancipation par la maîtrise des savoirs, représente des dangers. Notamment celui de la remise en question d’une culture commune, garante d’une unité territoriale et de la construction des membres d’une société. C’est également fragiliser les individus qui sur le marché de l’emploi sont confrontés à une personnalisation de leur niveau de compétences, au détriment d’un niveau de qualification plus protecteur.

De manière pratique, l’évaluation par compétences lorsqu’elle prend la forme d’évaluations en cours de formation comporte des inconvénients majeurs. La conception du système d’évaluation est dédiée à l’enseignant qui sera lui-même l’évaluateur et quelque part l’évalué en fonction des résultats de ses élèves. Sur le plan déontologique, on perçoit nettement la faiblesse par rapport aux examens qui préservent une forme de neutralité et assurent une unité au sein du système.
Par ailleurs, l’évaluation par compétences exige du temps que n’offre pas le fonctionnement actuel du système éducatif. Faut-il alors diminuer le nombre de savoirs à enseigner ? Ne doit-on pas privilégier les savoirs « fondamentaux » et réduire le nombre de disciplines ? La disparition de l’EPS au DNB n’est-elle pas au service de cette stratégie ?
Dans l’enseignement professionnel, l’enseignement par compétences s’est imposé sous la contrainte des acteurs économiques. Les grilles de compétences contraignent les enseignants dans les disciplines professionnelles, mais dans l’académie de Strasbourg la généralisation des compétences s’applique désormais aux disciplines générales.
Le recours au LSU en plus d’être particulièrement chronophage pour les enseignants, suscite des interrogations de la protection des données informatiques.

Poser la question de la fonction de l’évaluation permet de revenir aux éléments essentiels de notre activité enseignante. Voulons-nous l’évaluation comme un outil au service des apprentissages, ou un moyen de renforcer une politique éducative qui tend à imposer une conception de l’enseignement au service de la rentabilité ?

Pour aller plus loin :
- propositions du GRDS : www.demoratisation-scolaire.fr et GRDS (2012) « L’école commune », La Dispute.
- Jean-Pierre TERRAIL (2016) « Pour une école de l’exigence intellectuelle », La Dispute.

Emmanuel ROEHRIG pour le SNEP-FSU Alsace



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