L’évaluation à l’épreuve de la refondation de l’école : quels sont les impacts de l’approche par compétences sur les apprentissages et sur les pratiques professionnelles ? _ stage de formation syndicale _ mai 2017

jeudi 11 mai 2017
par  FSU 67
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Evaluer c’est situer un acte (une activité, une performance, une production concrète) par rapport à une référence (cette référence pouvant être un acte de l’élève lui-même, on mesure alors des progrès, les performances du groupe classe, on évalue alors un classement, ou les attendus d’un programme ou d’un curriculum, ce que l’on devrait faire en classe) .

La mise place du LPC puis du LSU a profondément modifié la manière d’évaluer avec une forte incitation (quand ce ne sont pas des injonctions) à évaluer et à travailler à partir de grilles de compétences. Cela se double également d’une incitation à l’évaluation permanente. Frénésie de l’évaluation que l’on retrouve à l’échelle de la société. Chaque service (hébergement, assurance, commerce en ligne, opérateur internet) fait aujourd’hui l’objet d’une évaluation, tendance qui s’amplifie avec l’économie numérique et collaborative. A peine revenez-vous de weekend, que l’on vous prie d’évaluer la qualité de votre hébergement en attribuant des commentaires ou des étoiles selon la qualité du service rendu. Le monde tend à être appréhendé à travers des grilles d’évaluation et l’évaluation tend à devenir une fin en soi. Evaluation permanente également dans le monde professionnel.

Les syndicats enseignants de la FSU (SNUIPP, SNES, SNEP, SNUEP, SNESUP) sont des syndicats de métiers avec des cultures professionnelles différentes. Ces syndicats partagent cependant une même vision de l’éducation, celle d’une école émancipatrice qui doit permettre à chaque individu d’acquérir des qualifications qui lui permettront de s’insérer dans la vie économique et sociale mais également d’acquérir une culture commune qui lui permettra d’appréhender le monde en tant que citoyen et de s’insérer dans une communauté civique).

Une même vision du métier enseignant, celui d’un enseignant concepteur de savoirs et non d’un exécutant chargée d’appliquer les bonnes recettes de l’institution (bonnes recettes par ailleurs soumises aux aléas de la vie politique).

La notion d’évaluation par compétences est apparu dans le monde anglo-saxon au cours des années 1980 puis s’est généralisé dans les pays développés. En France, la notion de socle commun a été inscrite dans la loi d’orientation de 2005. On retrouve cette notion de socles de compétences dans la loi de refondation de l’école de 2013. Le terme de compétences, est polysémique. Une définition simple, consisterait à définir la compétence comme la possibilité qu’à un individu d’accomplir une tâche : « conduire une voiture » ou « faire une multiplication ». De fait, de manière empirique nous attendons de nos élèves qu’ils mobilisent des connaissances et des compétences pour parvenir à un savoir global. Ce que l’Approche Par Compétences change, c’est que les attendus d’un programme ne sont plus formulés en terme de connaissances (de savoirs) mais de compétences transversales à acquérir (ce qui conduit à la remise en cause des disciplines). L’APC est indissociable de la logique de socle. Il s’agirait de faire acquérir aux « publics éloignés de la culture scolaire » (les classes populaires) des compétences-clés leur permettant de s’insérer rapidement dans la vie professionnelle. Si nous partageons le constat des promoteurs de l ‘APC sur l’impact des inégalités sur la réussite scolaire , nous ne partageons pas le « préjugé déficitariste » reposant sur l’idée que certains publics scolaires sont caractérisés par une moindre capacité pour les savoirs abstraits . Nous pensons que les élèves sont tous capables. L’enjeu est de permettre à tous les élèves d’acquérir ces savoirs abstraits afin d’accéder à une culture commune et à des qualifications. Et de développer des modalités d’évaluation à même de favoriser les apprentissages et de ne pas cantonner le débat sur l’évaluation au simple débat sur les notes.

Enfin, l’approche par compétences transforme le métier d’enseignant en « guidant » fortement sa pratique à partir d’un référentiel de compétences qui lui est imposé et qu’il n’a pas élaboré. Cela se traduit par une inflation des tâches bureaucratiques avec la multiplication des livrets et des PPRE.

La journée de formation syndicale sur "L’évaluation à l’épreuve de la refondation de l’école : quels sont les impacts de l’approche par compétences sur les apprentissages et sur les pratiques professionnelles ?" a été l’occasion d’interroger de manière critique l’Approche Par Compétences.

Vous trouverez ci-dessous l’intervention de Nico Hirtt lors d’une conférence au Colloque du SNUEP-FSU.


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